Benbow (Ambrym) (avril 1996)


Depuis le Marum, les porteurs nous font contourner l’ensemble du volcan, remonter une large ravine comblée par les cendres et emprunter une suite de crêtes aériennes débouchant au centre même de la crête sommitale  d’où la vue se fait sur les différentes terrasses du volcan, en contrebas d’une paroi très inclinée de 120 mètres, qu’une vaste terrasse. Nous décidons alors de nous déplacer sur le côté Est de la crête et, après 20 minutes de marche, pouvons emprunter une petite épaule. De là, la structure de ce gigantesque volcan (2 km de longueur sur 2 km de largeur) apparaît nettement : en contrebas de la vaste terrasse précitée se situe une autre terrasse plus petite dotée d’un magnifique petit cône strombolien. Au-delà, commence le cratère avec un puits très profond au fond duquel se situe le lac de lave totalement invisible, ne serait-ce qu’à cause de l’énorme panache de gaz s’en échappant constamment (d’ailleurs, même par hélicoptère, le voir est très aléatoire). Le ressac de la lave se fait entendre, mais il est bien plus régulier et atténué (en raison de la profondeur ?) que celui du Marum ; par contre, on entr’aperçoit de temps en temps quelques bombes voler dans le panache. Peu à peu, avec la tombée de la nuit, les parois se teintent de rouge ; spectacle magnifique même si le fait de ne voir qu’indirectement le lac de lave laisse une frustration réelle.


Première approche du lac de lave.
(août 1996 par Irene Margaritis et Franck Tessier)

Pour descendre au niveau de la 1ère terrasse, il faut cheminer dans la direction opposée à partir du chemin d’accès initial (voir croquis d’exploration) et il faut suivre l’arête du cratère (5 mn, progression mal aisée) ; on aboutit ainsi à une sorte de petit col peu marqué qui constitue le point de départ de la descente (150 m de corde, 2 spits). Il va sans dire que la corde ne doit frotter en aucun cas sur les parois inclinées du cratère et que le port du casque est vivement conseillé !
La mise en place des amarrages a nécessité beaucoup de précautions ; 2 chevilles autoforrantes (type spit) ont été placées dans deux blocs immobilisés dans la cendre, l’un d’eux étant situé sur l’autre versant du cratère. L’enfouissement d’un corps-mort dans la cendre a permis de réaliser un contre-assurage. La descente s’effectue le long d’une pente déclive pendant une soixantaine de mètres qui se verticalise ensuite. Les cinquante derniers mètres sont à nouveau déclives et peuvent être parcourus en désescalade assurée par une corde. La première terrasse se divise grossièrement en 2 demi-cercles laissant place au milieu au cratère actif. J’ai pu ainsi  amorcer la topographie de la partie Sud de la terrasse, la partie Nord reste à compléter. De la 1ère terrasse, on distingue parfaitement une 2ème terrasse (environ 90 m en contrebas, voir croquis) qui supporte un superbe petit cône strombolien (fumerolles permanentes). Plus loin et plus bas encore, le volcan gronde continuellement. A cet endroit, quand on approche du cratère actif, on reçoit de petites particules de lave durcies éjectées par le volcan.
On peut contourner le cratère actif par la droite en traversant une succession de ravines. Le cheminement n’est pas toujours évident : il faut chercher à suivre globalement le contour du cratère actif en rejoignant parfois la ligne de crête, notamment sur la fin du parcours. On surplombe ainsi un nouveau cratère individualisé qui s’ouvre toujours au niveau de la 1ère terrasse. Ce cratère aux parois verticales, émet des fumerolles incessantes sans activité éruptive apparente.
En le contournant, on accède ainsi au prolongement de la 1ère terrasse ; de celle-ci on peut remonter sur la ligne de crête du cratère actif à partir de laquelle il est possible d’observer le lac de lave à plusieurs endroits. De ces différents points d’observation, on peut remarquer que la 2ème terrasse, décrite précédemment, est nettement moins marquée et qu’en plus des 90 m de dénivelé, viennent s’ajouter 50-60 m de parois déclives. Le lac de lave se situe donc à plus de 150 m en contrebas du point d’observation. Il est probable que les fluctuations du niveau du lac de lave changent complètement la configuration visible de la dernière partie du cratère.


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