Le KIRISHIMA (Kiushu, Japon)
(Février 2011)

Survol de la chaîne volcanique


Rien de tel qu'un petit Cessna pour découvrir l'ensemble de la chaîne volcanique et en particulier le Shimane-dake...
(il suffit juste d'oublier que si le volcan explose comme le matin même à 5h du matin, l'avion est pulvérisé...)

" Lundi 14 février, 8 h du matin. Il a neigé jusqu’à notre petit village et les toits de notre auberge sont blancs. Nous apprendrons plus tard que, tôt ce matin, à 5h07, une explosion a dû secouer le volcan. Mais vues l’heure matinale et les conditions météo, personne n’a perçu l’explosion. Pour l’heure, le ciel se dégage pour rapidement devenir tout bleu.
À 11 h, nous sommes dans les airs. Devant l’appareil, les deux sommets blanchis du Karakuni et du Takachiho encadrent, à équidistance, le cône surbaissé, noir et seul dépourvu de neige, du Shinmoe-dake.


L’explosion de ce matin est donc avérée, trois jours après la précédente. En approchant, on peut facilement repérer l’étendue des retombées : un drap intégralement noir de bombes et de scories s’étale principalement sur le flanc sud du cône, sur plus de 800 m! Sur sa marge ouest, la neige, en fondant et en se mêlant à la cendre, a même généré une petite coulée de boue qui s’est avancée sur quelques centaines de mètres. Cette couverture sombre, matérialisant la zone d’impacts, s’étend également vers l’Est du cratère jusqu’à son secteur nord-est tout en se réduisant progressivement à 250 m d’envergure. Au-delà de cepérimètre, mais sur une assez courte distance, la neige est encore mouchetée d’innombrables tâches d’encre qui sont autant de blocs tombés, pour certains, à plus d’un kilomètre des lèvres du cratère. Seuls ses rebords ouest et nord ont été totalement épargnés par la pluie de feu comme en témoigne la couche de neige intacte. L’avion s’approche et mon regard plonge enfin dans la gueule du monstre qui me révèle alors son abcès fumant. Je n’en crois pas mes yeux : une énorme galette de lave noire remplit, par endroits jusqu’aux trois quarts de la hauteur de ses parois, un cratère qui, il y a quelques jours encore, affichait une profondeur de près de 200 m !


Je me remémore alors cette descente que j’avais effectuée, quinze mois plus tôt, dans l’antre de ce diable jusque sur les berges de son lac d’acide d’un vert émeraude lumineux de toute beauté. Au fond, il me semblait avoir pénétrer dans un autre monde, circulaire, vaste arène aux murs de couleurs mariant toute la gamme des ocres, bruns, crèmes, orangés, semblable à la palette d’un peintre. Photo : Patrick Barois.


Aujourd’hui, cette symphonie de couleurs ne se joue plus qu’en noir et blanc. La masse de lave sombre du dôme est interne, sans aucune trace d’incandescence. C’est pourtant une bombe à retardement qui explosera à nouveau, tôt ou tard : demain, dans deux jours ou une semaine, personne ne le sait, plus aucun pronostic ne vaut. Seuls les bords de la galette, encore très chauds et en contact direct avec les parois humides du cratère, provoquent la vaporisation de l’eau et génèrent les panaches de vapeurs que nous avions repérés depuis la plaine. L’avion tourne sans relâche autour de cette masse de roches sombre et fumante.


Chaque basculement de l’appareil nous dévoile également les autres centres volcaniques du massif, notamment les maars d’Ebino et autres lacs de cratère aujourd’hui figés par la glace." Patrick Barois


Survol aérien de la chaîne volcanique du Kirishima

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