ON EST BIEN COMME ON EST

6) Le retour à la normale


Le soir venu, après le repas, les parents se dirigèrent vers la chambre de Delphine et Marinette, avec deux pyjamas empruntés à leurs filles, en grommelant :
" Vivement que tout redevienne comme avant ! ".
Delphine et Marinette, elles, se dirigeaient vers la chambre des parents, avec deux pyjamas empruntés à leur mère.
Elles se couchèrent dans le grand lit, mais comme il faisait un beau clair de lune qui entrait dans leur chambre, elles ne s’endormirent pas tout de suite.
Marinette : - Tu sais pas ce que je voudrais être ? Une petite fille de sept ans. Oui, j’aimerais bien redevenir une petite fille de sept ans. J’aurais une belle paire de chaussures vernies, de belles nattes avec des rubans rose, une robe fleurie. Naturellement, je serais un peu plus blonde que toi.
Delphine : - Moi, je n’en demande pas tant. Je me contenterais juste de redevenir comme avant.
Elles causèrent encore un moment, et le sommeil les surprit comme elles exprimaient une dernière fois le désir, Marinette d’être une petite fille de sept ans, Delphine comme avant. La lune se coucha environ une heure plus tard. Suivit une nuit noire et épaisse comme jamais pareille.
De grand matin, Delphine entrouvrit les yeux, elle se sentait mal à l’aise dans son pyjama, qui lui semblait trop grand. Elle se tourna brusquement vers Marinette et se mit à la secouer comme un prunier en lui disant :
- Marinette ! Marinette !
- Eh ! Oh ! Calme-toi ! Arrête de me secouer comme un pommier !
- Le voeu ! Le voeu !
- Quoi ?! Le feu ?!
A ces mots, Marinette se leva en trombe et ... BOUMMM. Elle se retrouva à plat ventre. Avant qu’elle ait pu dire un mot, Delphine s’exclama :
- T’as tout compris ?
- Oui ! On a repris notre taille normale !!!
Elles se précipitèrent aussitôt dans l’escalier.
Pendant ce temps-là, le père s’éveillait difficilement, car il se sentait comme prisonnier dans son pyjama. Il voulut s’étirer et ... CRAAAC se retrouva nu comme un ver. Il tira un drap, s’en enveloppa, descendit du lit, se précipita vers sa femme et la secoua comme un pommier en lui disant :
- Chérie! Chérie ! regarde-moi ! Nous sommes redevenus normaux !!!
- C’est pas vrai !
Elle voulut se lever et ... CRAAAC. Elle prit un drap, s’en enveloppa et tous les deux se précipitèrent dans l’escalier au moment précis où Delphine et Marinette faisaient de même. Ils se télescopèrent tous et roulèrent jusqu’en bas de l’escalier.
Après quelques instants, ils finirent par se relever en se tenant le dos et les côtes, pleurant de douleur et de joie.
- Enfin...
- Tout est rentré dans l’ordre !
- Tout est bien qui finit bien !
Père : - Tout est bien qui finit bien pour vous, mais pas pour moi. J’ai plus de cheval ! J’ai plus de voiture ! J’ai plus de poules ! J’ai plus de vaches ! On va finir sur la paille !


(Aquarelle : Pascale Maguerez).

Chapitres de ce conte :


1) Le réveil des "petites"


2) Le réveil des "grands"

3)
Dans la cuisine

4)  A l'école

5) Dans la ferme

6)
Retour à la normale

Contes : On est bien comme on est

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