Les trois épreuves de la tortue


Crayonné original de Pascale Maguerez.


Ce conte a été écrit en 2000, à la suite d'un travail sur le monde du conte et ses caractéristiques formelles et narratives, par la 6e E du collège Le Village de Trappes :
Jonathan, Mehdi, Hanane, Tanguy, Sylvain, Djenaba, Marina, Nabil, Hamady, Jessica D., Karim, Steven, Mamadou, Esther, Majid, Samir, Kevin, Mickaël, Tamara, Jessica L., Tony, Aboubakary, Karen, Joël et Candice.

Il  était une fois un jeune garçon qui vivait seul au fond d’une forêt et qui avait pour seul compagnon une tortue. Un jour, comme il n'avait presque plus d'eau, il partit à la fontaine du village. Sur son chemin, il aperçut un énorme sanglier qui lui fit tellement peur qu'il prit la fuite. Il perdit son chemin et erra pendant des heures quand soudain il vit une fontaine. Un corbeau perché sur le rebord lui dit quand il s'approcha : "Ne bois pas de cette eau !
- Comment se fait-il que tu sois doué de la parole ?
- J'ai moi-même bu de cette eau, qui m'a métamorphosé en corbeau.
- Pourquoi croirais-je un oiseau de malheur ? ".
Le jeune garçon s’approcha, prit de l’eau dans ses mains, commença à boire et… se métamorphosa en escargot. La tortue promit à son maître qu'elle allait chercher une potion car elle avait peur qu'il se fasse manger ou écraser, et elle partit immédiatement.

         Peu après, elle aperçut une colombe sur une branche et lui demanda si elle connaissait une sorcière capable de lui fabriquer une potion qui rendrait à son maître sa forme humaine. La colombe lui répondit : "Tu veux que ton maître reprenne sa forme humaine ? Alors, il faudra passer par trois épreuves.
- Quelles sont ces trois épreuves ?
- La première consiste à grimper plus vite qu'un écureuil le plus grand chêne de la forêt ; la deuxième à nager plus vite qu'une anguille la distance qui sépare les deux barrages sur la rivière ; la troisième à faire le tour de la forêt plus vite qu'un lièvre.
- Comment pourrais-je y arriver avec ma carapace, moi pauvre tortue ?
- Il te suffit de toucher un lynx, enormi de préférence, pour être capable de grimper plus vite que le meilleur et le plus habile écureuil de la forêt.".

        La tortue remercia la colombe et partit à la recherche d’un lynx endormi. Le lendemain matin, au lever du jour, après avoir passé toute la nuit à le chercher, alors qu’elle commençait à désespérer, elle trébucha sur un obstacle, tomba dans un terrier où demeurait un lynx. Aussitôt, elle sentit des griffes lui pousser. Elle sortit du terrier pour se précipiter vers le grand chêne au milieu de la forêt où vivait le plus rapide des écureuils. Elle l’interpella : « Je te défie de grimper plus vite que moi en haut de ton chêne ». L’écureuil se mit à rire ; à part le lynx, qui pourrait le battre ? « Je peux quand même essayer ! ».
Il descendit de l’arbre et lui proposa avec un grand sourire de partir en premier. Aussitôt dit, aussitôt fait. La tortue se jeta griffes en avant sur le tronc et grimpa si vite que l’écureuil n’avait même pas atteint la première branche qu’elle était déjà arrivée.  
Bien après elle, exténué, hors d’haleine, la langue pendante, il arriva et lui dit qu’il n’avait jamais eu un adversaire aussi redoutable, à part le lynx. Pour la féliciter, il lui offrait une noisette  magique qui lui donnerait la force de l’ours. « Il te suffit de prendre, avec tes griffes, cette noisette au-dessus de toi, la plus grosse et la plus rouge vif de toutes ». La tortue l’attrapa, l’ouvrit et l’avala.

         Sans perdre un instant, elle se rendit à toutes pattes au barrage sur la rivière, là où vivait la plus vive des anguilles. Elle l’interpella : « Je te défie de nager plus vite que moi la distance qui sépare les deux barrages ». L’anguille se mit à rire ; à part la loutre, qui pourrait le battre ? « Je peux quand même essayer ! ». Elle sortit de dessous le rocher et lui proposa de partir en premier. Aussitôt dit, aussitôt fait. La tortue plongea pattes en avant et nagea si vite que l’anguille n’avait pas atteint le premier rocher qu’elle était déjà arrivée. Bien après elle, exténuée, hors d’haleine, la langue pendante, elle arriva et lui dit qu’elle n’avait jamais eu un adversaire aussi redoutable, à part la loutre. Pour la féliciter, elle lui offrait une algue magique qui lui donnerait la vivacité d’un saumon.

          La tortue sortit de l’eau et, sans perdre un instant, se rendit à toutes pattes à la lisière de la forêt, là où vivait le lièvre. Elle l’interpella : « Je te défie de faire le tour de la forêt plus vite que moi ». Le lièvre se mit à rire ; à part le renard, qui pourrait le battre ? « Je peux quand même essayer ! ». Il sortit de son terrier et lui proposa de partir en premier. Aussitôt dit, aussitôt fait. La tortue s’élança à toutes pattes sur la sente qui faisait le tour de la forêt et courut si vite que le lièvre n’avait même pas effectué la moitié du trajet qu’elle était déjà arrivée. Bien après, exténué, hors d’haleine, langue pendante, il arriva et lui dit qu’il n’avait jamais eu un adversaire aussi redoutable, à part le renard.

          Les trois épreuves ayant été remportées, la tortue se remit en route vers la fontaine qu’elle atteignit peu après. Là, elle retrouva la colombe et commença à lui dire qu’elle avait remporté les trois épreuves. « Je le sais, je t’ai observée de loin pour être sûre que tu ne trichais pas. Donne-moi la coquille de la noisette et l’algue magique de l’anguille ». Elle les prit et les mit dans un flacon qu’elle remplit d’eau de la fontaine. Elle l’agrippa de ses griffes et le renversa sur l’escargot qui en un clin d’œil reprit sa forme humaine. Il s’écria : « Je te remercie, ma petite tortue, de m’avoir délivré de cette malédiction et toi aussi, chère colombe. Je n’aurais jamais dû boire de cette eau, comme m’en avait averti le corbeau… Mais j’y pense, reste-t-il de la potion ? J’aimerais lui redonner forme humaine ». La colombe lui tendit le flacon et lui dit où se trouvait le corbeau. Après les avoir remerciées, il repartirent et le trouvèrent sans peine. Uns fois la potion versée sur lui, le corbeau reprit sa forme initiale, celle d'une très belle femme dont le maître tomba sur le champ fou amoureux. Ils se marièrent le lendemain et, un an plus tard, eurent de merveilleuses jumelles.


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